PERSISTER, PARFAITS ET PLEINEMENT PERSUADÉS
PERSISTER,
PARFAITS ET PLEINEMENT
PERSUADÉS
Mercredi 25 mars 2026
Semaine 13 : Persévérer dans la soumission à Dieu
Thème
général : Unir le ciel et la terre.
Verset-clé :
Épaphras [...] ne cesse
de livrer des combats pour vous dans ses prières, afin que, parfaits et
pleinement convaincus, vous persistiez dans une entière soumission à la volonté
de Dieu (Colossiens 4:12).
I. UNE ORIENTATION SPIRITUELLE QUI
RÉSISTE À L’ESPRIT DU TEMPS
De nombreux ouvrages parlent de « vie motivée par un
but » ou d’« Église orientée vers un objectif. » Pourtant, la nuance suivante
est essentielle : cette terminologie, bien que séduisante, ne rend pas
pleinement compte de la profondeur biblique. Car l’Écriture ne propose pas une
simple stratégie d’efficacité, mais une orientation intérieure - un alignement de la volonté
humaine sur le dessein divin. Une orientation claire est nécessaire pour toute entreprise
significative, mais elle ne naît pas d’un modèle managérial : elle jaillit d’un
cœur saisi par Dieu.
La vie et le ministère de Paul en sont une
illustration saisissante. « Oubliant ce qui est
en arrière et me portant vers ce qui est en avant, je cours vers le but
» (Ph 3:13-14). Cette détermination n’est pas agitation, mais tension intérieure vers Dieu - et c’est précisément de
cette orientation intérieure que naît la diffusion de l’Évangile : il s’est
propagé « dans tout le monde » (Col 1:23). Non comme une fin en soi, mais comme
le signe d’une fidélité profonde. Ainsi se dessine une orientation qui
unit le ciel et la terre : une vie humaine ordonnée par une volonté divine. Une
telle détermination est encore requise aujourd’hui - non pour réussir, mais
pour demeurer.
II. UNE PRIÈRE QUI VISE JUSTE :
Épaphras, intercesseur zélé et engagé
Au cœur de cette dynamique se tient un homme souvent
discret : Épaphras. Son rôle est décisif. Il n’est pas seulement un messager de
l’Évangile à Colosses, mais un serviteur dont la portée s’étend à Laodicée et
Hiérapolis. Sa vision dépasse sa propre communauté. Et ce qui
caractérise son ministère n’est pas d’abord son action visible, mais son combat invisible : la prière.
Paul témoigne de son « grand zèle » (Col 4:13). Ce
zèle n’est pas agitation,
mais intercession ardente. Épaphras ne prie pas vaguement ; il
lutte. Il ne formule pas des généralités pieuses ; il vise juste. Ses
salutations et ses prières deviennent une source d’encouragement réel pour les
croyants, parce qu’elles sont enracinées dans un amour concret et une
responsabilité spirituelle. Sa prière est d’une précision remarquable :
« afin que, parfaits et pleinement persuadés, vous
persistiez dans une entière soumission à la volonté de Dieu »
(Col 4:12). Tout est là. La prière devient le lieu où se forme la vie
chrétienne, où se forge la persévérance, où le ciel touche la terre.
III. PERSISTER, PARFAITS ET PLEINEMENT PERSUADÉS :
les modalités d’une entière soumission à la volonté de Dieu
Cette prière ne décrit pas des étapes successives,
mais les modalités vivantes
d’une réalité unique
: une entière soumission à la volonté de Dieu. Persister, être
parfait, être pleinement persuadé - tout cela se déploie à l’intérieur de cette
soumission. Et cette dynamique n’est pas produite par l’homme : elle est rendue
possible par « sa puissance glorieuse » (Col 1:11).
Persister, d’abord. Le verbe appelle à une fermeté active. Il ne s’agit
pas de tenir par inertie, mais de résister. Être « fondés et inébranlables
» dans la foi (Col 1:23), tenir ferme contre « les ruses du diable » (Ép
6:11), revêtir « toutes les armes de Dieu » (Ép 6:10-18). La
persévérance est un combat. Elle suppose une foi enracinée, non fluctuante.
Elle devient possible lorsque l’âme est habitée par une conviction profonde.
Parfaits, ensuite. Le mot ne désigne pas une absence de faute, mais une
maturité - teleios. Une maturité du caractère, façonnée par la
connaissance de la volonté de Dieu « en toute sagesse et intelligence
spirituelle » (Col 1:9), et manifestée dans une marche « digne du
Seigneur » (Col 1:10). Cette maturité s’exprime pleinement dans l’amour : «
aimez vos ennemis… soyez donc parfaits » (Mt 5:44,48). Mais elle demeure en tension : «
non que j’aie déjà obtenu… mais je poursuis »
(Ph 3:12).
Enracinement, stabilité, croissance,
maturité, fruit : tel est le
chemin. Et pourtant, tout est déjà donné : « vous avez tout
pleinement en lui » (Col 2:10). Par nous-mêmes, nous ne sommes rien
; en Christ, nous sommes rendus complets.
Pleinement persuadés, enfin. Être rempli, porté à sa pleine mesure. Une
conviction qui ne vient pas de l’effort humain, mais d’une plénitude reçue.
Abraham en est l’exemple : « ayant la pleine conviction que ce que Dieu
promet, il peut aussi l’accomplir » (Rm 4:21). Paul lui-même en témoigne :
« le Seigneur m’a fortifié, afin que la prédication fût accomplie » (2
Tm 4:17). Cette conviction est ce qui soutient tout le reste. Car nos
résolutions humaines s’effondrent, mais la grâce soutient ce que Dieu
commence. « Je poursuis ma course » (Ph 3:12), non pour atteindre
par moi-même, mais parce que je suis déjà saisi.
Et c’est ici que tout converge : dans une entière soumission à la volonté de Dieu. Une soumission
sans réserve, qui engage tout l’être. Connaître sa volonté (Col 1:9),
marcher d’une manière qui lui est agréable (Col 1:10), porter du fruit,
croître, être fortifié. Non comme une résignation, mais comme une
unification de la vie.
Mais à ce point, un danger nous guette : celui de complexifier ce qui est simple. Nous nous
embrouillons souvent à vouloir définir la perfection, à multiplier les termes,
à affiner les distinctions. Mais Jésus a dit : « Car Dieu a tant aimé le
monde… » (Jn 3:16). L’histoire du brigand sur la croix nous le rappelle :
il n’avait ni doctrine élaborée, ni parcours structuré. Il a simplement répondu
à l’appel : « Viens. » Et cela a suffi. Voilà la perfection et
l’achèvement en Jésus : répondre à son appel. Tout le reste peut
éclairer - ou obscurcir.
Car cette soumission, loin d’être
produite par l’homme, est rendue possible par « sa puissance glorieuse » (Col
1:11), qui soutient, transforme et accomplit.
Conclusion
Ainsi, la vie chrétienne ne se réduit ni à une
stratégie, ni à une performance, ni à une accumulation de concepts. Elle est une
orientation, portée par la prière, et accomplie dans une
soumission vivante à Dieu. Persister, mûrir, être pleinement persuadé :
autant de modalités d’une même réalité - une vie saisie, transformée et
soutenue par Christ. Car la plus grande détermination n’est pas de réussir pour
Dieu, mais de persévérer en lui étant soumis.
Puissions-nous ne jamais réduire notre persévérance à un effort
humain épuisant, mais la vivre comme l’abandon confiant de celui qui, ayant
répondu à l’appel du Christ, persévère dans la course jusqu’à être rendu
parfait en lui.
ABONDANTES GRÂCES DE L’ÉTERNEL !
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