METTRE FIN À L’AMOUR DES CHOSES TERRESTRES

 

METTRE FIN À L’AMOUR 

DES CHOSES TERRESTRES 

  

Mardi 10 mars 2026/

Semaine 11 : Vivre avec Christ

Thème général : Unir le ciel et la terre.


Verset-clé : Faites donc mourir les membres qui sont sur la terre …  (Colossiens 3:5).


I. L’AMOUR DES CHOSES TERRESTRES : UNE MYOPIE FACE À L’ÉTERNITÉ

Nous entendons aujourd’hui de nombreux slogans : « Non à la guerre ! » - « Non à la déforestation ! » - « Non aux armes nucléaires ! » Mais qui a jamais entendu crier : « Non à l’amour des choses terrestres » ? Une telle parole paraît étrangère à la sensibilité de notre époque. Non pas que ces combats soient faux ou inutiles ; ils peuvent même être nécessaires. Mais ils nous rendent souvent myopes par rapport à la proximité de l’éternité. Notre objectif doit être plus élevé.


L’apôtre Paul rappelle aux croyants : « Affectionnez-vous aux choses d’en haut, et non à celles qui sont sur la terre » (Colossiens 3:2). L’orientation du cœur détermine la direction de la vie. Dans la réalité quotidienne, nous poursuivons ce que nous aimons le plus. Sans grand effort, nous trouvons du temps pour ce que notre cœur désire réellement, tandis que ce que nous estimons peu n’exerce guère d’attrait sur nous.


Paul appelait ainsi à l’existence d’une génération dont les pensées seraient tournées vers les réalités célestes, un peuple qui transmettrait à ses enfants un héritage infiniment plus précieux que toute richesse matérielle. La mentalité mondaine, au contraire, abîme les relations : elle éloigne de Dieu et fragilise aussi les liens entre conjoints, partenaires, voisins ou collègues. Elle pousse vers un égoïsme croissant, où l’on s’interroge davantage sur ce que l’on peut recevoir que sur ce que l’on peut donner.


La véritable myopie spirituelle consiste donc à vivre avec un horizon terrestre fermé, comme si la réalité visible était tout ce qui existe. Paul renverse cette perspective : « Si donc vous êtes ressuscités avec Christ, cherchez les choses d’en haut » (Colossiens 3:1). Vivre pour Christ implique d’être mort aux choses terrestres (Colossiens 3:2-3). Si tel est le diagnostic, la question suivante devient inévitable : comment vivre concrètement cette mort aux réalités terrestres dont parle l’apôtre ?


II. RESSUSCITÉS AVEC CHRIST : 

LA SOURCE DE LA MISE À MORT DES MEMBRES TERRESTRES

Paul ne commence pas par l’effort moral mais par le fondement : « vous avez été ressuscités avec Christ » (Colossiens 3:1). Les croyants ne vivent plus dans la même condition qu’auparavant. L’ancienne vie, celle des « fils de la rébellion, » est caractérisée par la recherche des choses terrestres. La vie nouvelle, elle, découle de l’union avec Christ. C’est pourquoi Paul peut ensuite écrire : « Faites donc mourir les membres qui sont sur la terre : l’impudicité, l’impureté, les passions, les mauvais désirs et la cupidité, qui est une idolâtrie » (Colossiens 3:5).


Les péchés mentionnés ici ont un trait commun : ils sont liés au désir. Ce sont des réalités que l’on convoite, que l’on veut saisir, souvent avec intensité. Les mettre à mort signifie leur réserver le même sort que celui que Christ a réservé à l’ancien homme : la mort. Si ces désirs sont mis à mort, l’esprit est libéré pour une autre orientation. On ne vit plus pour satisfaire ses impulsions, mais pour l’avancement du royaume de Dieu. Prenons une situation simple : lorsque l’on rencontre une personne qui nous attire, notre premier réflexe consiste souvent à se demander comment obtenir son affection. Mais une autre question peut surgir : comment cette personne pourrait-elle aimer (orienter son affections vers) l’Évangile ? Dans ce déplacement du centre de gravité se révèle déjà la différence entre une vie tournée vers la terre et une vie tournée vers le ciel.


Paul ajoute que la cupidité est une idolâtrie (Colossiens 3:5). Il ne s’agit pas forcément de se prosterner devant une statue. L’idole peut être l’argent, la possession, l’ambition, ou tout attachement excessif aux biens matériels. Là où le cœur se fixe sur ces choses, il cesse de regarder vers les réalités d’en haut.


Pourquoi ces désirs ont-ils un tel pouvoir ? En un sens, l’être humain est façonné pour rechercher le plaisir. Nous savons aujourd’hui que certaines substances dans notre corps - dopamine, sérotonine, ocytocine, endorphines - influencent nos habitudes, nos relations et notre bien-être. Ces « hormones du bonheur » expliquent en partie pourquoi certaines actions produisent en nous un sentiment agréable. Mais notre organisme n’est pas très exigeant quant à la manière de les obtenir. La nourriture, l’alcool, les drogues, la sexualité ou les jeux peuvent toutes libérer ces mécanismes. Ainsi se forment les habitudes.


Il serait naïf de réduire la spiritualité à une simple chimie. Pourtant, il faut reconnaître que le Malin exploite la crédulité humaine en nous poussant à chercher le bonheur dans de mauvaises sources. Paul ne connaissait rien de ces mécanismes biologiques, mais il comprenait très bien la séduction du plaisir. Une vie façonnée par les sensations et les impulsions devient rapidement une existence gouvernée par les choses plutôt que par Dieu. La vie chrétienne est donc un combat. Nous croyons réellement avoir été ressuscités avec Christ pour une vie nouvelle (Colossiens 3:1), et pourtant une part de notre être continue de murmurer : retourne vers la terre, vers ce qui satisfait immédiatement. Cette tension est celle que Paul décrit ailleurs avec une intensité bouleversante : « Misérable que je suis ! Qui me délivrera de ce corps de mort ? » (Romains 7:24). Mais l’Évangile ne s’arrête pas à ce cri. Il répond : « Il n’y a maintenant aucune condamnation pour ceux qui sont en Jésus-Christ » (Romains 8:1).


Ainsi, la mise à mort des désirs terrestres n’est pas un effort solitaire. Elle devient possible parce que Christ est tout et qu’il est tout ce dont nous avons besoin. Il voit nos luttes, il entend nos cris et il nous délivre de cette « mondanité » qui cherche à reprendre le dessus.


III. L’AVERTISSEMENT BIBLIQUE : 

LORSQUE LES DÉSIRS TERRESTRES DOMINENT

Paul ajoute toutefois un avertissement solennel : « C’est à cause de ces choses que la colère de Dieu vient sur les fils de la rébellion » (Colossiens 3:6). Lorsque l’homme persiste à vivre pour ses désirs, il finit par être livré à ce qu’il convoite. Une existence façonnée par les impulsions et les possessions devient une vie dominée par les passions. Paul éclaire cette réalité ailleurs - lorsque l’homme refuse de reconnaître le Créateur - « Dieu les a livrés aux convoitises de leurs cœurs » (Romains 1:24). Les désirs prennent alors le contrôle de la vie et conduisent à une dégradation morale croissante, jusqu’à ces « passions infâmes » par lesquelles les êtres humains déshonorent leurs propres corps (Romains 1:26-27).


Dans un tel contexte, les pensées s’assombrissent et les relations se dégradent. L’être humain s’enferme dans une logique où la satisfaction immédiate remplace la recherche de Dieu. C’est pourquoi l’Écriture propose un contraste radical : « Que tout ce qui est vrai, honorable, juste, pur, aimable et digne de louange occupe vos pensées » (Philippiens 4:8-9). L’enjeu est une réorientation profonde du regard et du cœur.


CONCLUSION - LE CHOIX DU CŒUR

L’amour des choses terrestres place chaque être humain devant une alternative décisive. D’un côté, les désirs peuvent enfermer l’homme dans la poursuite incessante de ce qui le séduit ; de l’autre, la résurrection du Christ ouvre un horizon nouveau où le cœur est libéré pour aimer ce qui vient d’en haut.

La victoire ne vient ni de la peur du jugement ni d’un simple effort moral. Elle vient de la vie du Christ qui transforme nos désirs et redresse notre regard vers l’éternité.


Puissions-nous demander à Dieu de révéler quels désirs gouvernent réellement notre cœur aujourd’hui et apprendre à orienter toute notre vie vers les réalités d’en haut.


ABONDANTES GRÂCES DE L’ÉTERNEL !

 

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