MARIS ET FEMMES
MARIS ET FEMMES
Lundi
16 mars 2026
Semaine 12 : Vivre ensemble
Thème
général : Unir le ciel et la terre.
Verset-clé :
Soumettez-vous les
uns aux autres dans la crainte de Christ (Éphésiens 5:21).
I. LES CODES DOMESTIQUES DU NOUVEAU TESTAMENT : DES
RELATIONS APPELÉES À L’ÉDIFICATION MUTUELLE
Plusieurs
séries d’instructions pour les foyers chrétiens apparaissent dans le Nouveau
Testament (Éph 5:21-6:9 ; Col 3:18-4:1 ; Tt 2:1-10 ; 1 Pi 2:18-3:7). Ces
passages, souvent appelés codes
domestiques, ne
sont pas simplement hiérarchiques. Ils comportent des éléments visant à rendre
les relations plus réciproques et mutuellement édifiantes. Dans Colossiens
3:18-4:1, Paul évoque d’ailleurs trois paires de relations humaines, qui
structurent la vie du foyer et de la société : maris et femmes, parents et
enfants, maîtres et esclaves. Il commence par celle des épouses et des
maris, soulignant ainsi que le mariage constitue le socle de nombreuses autres
relations humaines. Paul y revient d’ailleurs à plusieurs reprises dans ses
lettres (1 Cor 7:1-7, 27-31 ; 1 Cor 11:3 ; Éph 5:21-33).
Lorsque
nous lisons ces textes aujourd’hui, nous avons souvent tendance à projeter
sur eux certaines suppositions concernant la culture du premier siècle. On
imagine volontiers que les femmes n’avaient presque aucun droit et qu’elles
étaient considérées comme de simples biens domestiques. La réalité est plus nuancée. Dans la société juive, les femmes étaient certes
largement exclues de la vie publique, mais elles participaient aux fêtes
religieuses, disposaient d’un espace particulier dans le Temple, et le mariage
était protégé par la loi. Les contrats matrimoniaux prévoyaient par exemple
qu’en cas de divorce une somme soit versée à l’épouse afin d’éviter les
répudiations arbitraires. Les femmes n’héritaient généralement pas, sauf en
l’absence de fils, mais certaines dirigeaient des activités commerciales -
comme Lydie, marchande de pourpre (Ac 16:14). Dans ce contexte juridique et
culturel, les exhortations de Paul dépassent les normes sociales de son époque
: il introduit l’amour comme principe structurant des relations familiales.
Ainsi,
lorsque nous lisons Colossiens 3:18-19 et Éphésiens 5:22-25, 33, nous sommes
invités à observer un équilibre profond.
Les relations familiales ne sont pas seulement organisées par des rôles, mais
vécues sous la seigneurie du Christ.
II. L’ANCRAGE CHRISTOLOGIQUE DES RÔLES CONJUGAUX :
DEUX APPELS COMPLÉMENTAIRES
Le mariage, selon la perspective apostolique, n’est pas
simplement une compagnie sociale ni un moyen de perpétuer l’espèce humaine. Il
est une institution spirituelle dont la réussite
dépend de l’action du Saint-Esprit. L’amour
véritable dans le mariage ne peut naître que de l’amour de Dieu répandu dans le
cœur des époux.
C’est dans
ce cadre que Paul adresse son exhortation aux épouses : « Femmes, soyez
soumises à vos maris, comme
il convient dans le Seigneur » (Col 3:18). Certains citent seulement la première partie de
ce verset, puis s’arrêtent là. Pourtant, la clause « comme il convient dans le
Seigneur » constitue
la clé d’interprétation
du passage. Elle signifie que la loyauté de l’épouse va d’abord au
Seigneur. Nulle part le Nouveau Testament n’enseigne que les femmes doivent se
soumettre à tous les hommes, ni qu’elles doivent être asservies ou obéir
aveuglément aux caprices d’un mari. L’individualité et la conscience de
l’épouse ne doivent pas être englouties par lui.
Éphésiens
éclaire encore cette dynamique : avant de parler de la relation conjugale, Paul
écrit « vous soumettant les uns aux autres dans la crainte de Christ » (Éph
5:21). La soumission n’est donc pas un signe
d’infériorité, mais s’inscrit dans une relation spirituelle. Dans
l’alliance conjugale, le mari représente le Christ et l’épouse reflète l’Église
; la soumission volontaire de l’épouse se comprend alors comme une attitude
vécue « comme au Seigneur » (Éph 5:22).
Mais l’exhortation adressée aux maris est encore plus
exigeante : « Maris, aimez vos femmes, comme Christ a aimé l’Église
et s’est livré lui-même pour elle » (Éph 5:25). L’amour auquel ils sont appelés
n’est pas simplement un sentiment humain ; c’est
un amour sacrificiel, prêt à se livrer pour le bien de l’autre. Colossiens ajoute un avertissement : « Maris,
aimez vos femmes, et ne vous aigrissez pas contre elles » (Col 3:19). Le terme
grec évoque la dureté tyrannique ; l’autorité du mari ne peut donc jamais se
transformer en domination. Elle est façonnée par l’amour du Christ, un
leadership qui sert, protège et se sacrifie.
Lorsque
Paul dit « maris, aimez vos femmes, » il invite les maris à laisser l’amour de
Dieu se répandre de leur cœur vers leurs épouses. Si cet amour divin n’habite
pas le cœur, il ne reste
qu’un amour humain, fragile et instable. C’est pourquoi un mariage
véritablement solide repose sur cette réalité spirituelle : seuls des cœurs
transformés par Dieu peuvent produire un amour durable.
III. LA RÉCIPROCITÉ VÉCUE : LA VIE CONJUGALE COMME
ALLIANCE DE COOPÉRATION
Un mariage
chrétien sain se caractérise par la réciprocité. Les époux sont appelés à se
consulter, réfléchir ensemble et prendre des décisions en tant que couple. Le
mariage devient ainsi un véritable travail d’équipe spirituel. Dans certaines
situations importantes, il peut même être opportun d’inclure les enfants dans
les discussions ; cependant, les parents ne devraient jamais se quereller
devant eux.
Lorsque
surviennent des désaccords persistants - et ils surviennent inévitablement - la
sagesse consiste à rechercher la compréhension plutôt que l’escalade du
conflit. La décision finale du mari n’est pas un droit arbitraire, mais une
responsabilité de dernier recours pour préserver la paix, exercée dans l’esprit
de l’amour sacrificiel décrit plus haut. Et cette décision ne peut jamais aller
contre la Parole de Dieu.
Dans la
pratique, la réciprocité s’exprime aussi autrement : beaucoup de maris
reconnaissent être heureux d’avoir écouté leur épouse et suivi ses conseils.
Plus un couple apprend à fonctionner comme une équipe, plus le mariage devient
heureux. Si tant de divorces existent aujourd’hui, c’est souvent en raison de
luttes de pouvoir, de valeurs perdues, de manque de confiance, de pressions
extérieures ou de malentendus non résolus. Or un malentendu signifie simplement
que la compréhension manque dans la situation débattue. Lorsque les époux
n’arrivent pas à la restaurer, il est sage de chercher conseil auprès d’un
pasteur, d’un conseiller ou d’une personne respectée. Dieu peut utiliser ces
médiations pour rétablir la paix.
CONCLUSION
Les
exhortations bibliques concernant le mariage ne sont pas des instruments de
domination ; elles révèlent une vision spirituelle de la vie conjugale. Sous la seigneurie
du Christ, la soumission de l’épouse et l’amour sacrificiel du mari
s’enracinent dans la même source : l’amour de Dieu répandu dans les cœurs par
le Saint-Esprit. Là où cet amour façonne réellement la vie d’un foyer, la
famille devient plus qu’une simple institution humaine : elle devient une ombre
du ciel sur la terre, offrant à ceux qui l’observent un aperçu du royaume de
Dieu.
Que Dieu nous
accorde la sagesse de ne jamais défigurer ses desseins par nos ambitions
humaines, mais de redécouvrir, dans l’humilité et la grâce du Christ, la beauté
du mariage tel qu’il l’a voulu : une alliance où l’amour se donne, se met au
service de l’autre et élève les cœurs vers le ciel.
ABONDANTES GRÂCES DE
L’ÉTERNEL !
Amen 🙏
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