LE "COMMENCEMENT" ET L’INITIATEUR
LE "COMMENCEMENT" ET L’INITIATEUR
Jeudi
19 février 2026
Semaine 8 : La prééminence du Christ
Thème
général : Unir le ciel et la terre.
Verset-clé :
Au commencement était la Parole… Et la Parole
a été faite chair, et elle a habité parmi nous (Jean 1:1,14).
I. LE COMMENCEMENT ABSOLU
« Il est la
Tête du corps, de l’Église ; Il est le Commencement » (Col 1:18). Le
lien entre ces deux titres n’est pas fortuit. En hébreu, roʾš (tête) et rēʾšît
(commencement) se répondent ; et la première occurrence de rēʾšît dans
les Écritures ouvre la Genèse : « Au commencement, Dieu créa le ciel et la
terre » (Gn 1:1). Dire que le Christ est le Commencement, ce n’est pas
simplement situer son apparition dans l’histoire ; c’est l’identifier à
l’Origine même de l’être. Le terme grec archē, principe, source, autorité, élargit encore la
portée : Il est la Source
d’où procède tout ce qui existe.
Cette
confession traverse tout le Nouveau Testament. « Commencement de l’Évangile de
Jésus Christ » (Mc 1:1) résonne comme un écho de Gn 1:1. « Au commencement
était la Parole » (Jn 1:1), et « Elle était au commencement avec Dieu
» (Jn 1:2) : la Parole n’est ni créée ni inférieure ; elle est préexistante,
divine. Matthieu ouvre son Évangile par une « généalogie » (Mt 1:1), rappelant
les livres des origines ; Jean commence sa première épître par « ce qui était
dès le commencement » (1 Jn 1:1) ; et l’Apocalypse attribue à Jésus le titre de
« commencement de la création de Dieu » (Ap 3:14). Le Christ Créateur et
Rédempteur ne surgit pas à un moment de l’histoire : Il la fonde.
« Il
existait avant toutes choses, et toutes choses subsistent en Lui » (Col
1:17). Sa prééminence n’est pas seulement fondatrice ; elle est permanente. Il
ne se contente pas d’avoir créé ; Il soutient. L’univers n’est pas le produit
de forces physiques déterministes, mais l’œuvre maintenue par Celui qui est la
Parole. Son autorité découle de l’origine et du
maintien continu de la création.
II. LE COMMENCEMENT INCARNÉ
Pourtant,
ce Commencement éternel s’est fait chair. « La
Parole a été faite chair, et elle a habité parmi nous » (Jn 1:14). Dans
un monde imprégné de pensée grecque où la matière était souvent méprisée,
cette affirmation est radicale. Si la matière était intrinsèquement mauvaise,
l’union serait impossible. L’Incarnation sanctifie la terre ; elle valide la
création. Le ciel ne méprise pas la terre : il vient l’habiter. Le thème général
- « Unir le ciel et la terre » - trouve ici son ancrage.
Ainsi le
Créateur devient la Tête du corps, de l’Église (Col 1:18). Dans le monde
antique, la tête n’est pas seulement centre d’autorité ; elle est source de
vie, de croissance, de nourriture pour tout le corps. Le Commencement
devient relationnel. La Tête communique sa vie au corps. Il est à l’origine de
la création première et du peuple racheté.
Son
autorité ne s’exerce pas par domination, mais par sollicitude. Le ministère du
Christ fut éminemment un ministère de soin pastoral ; son grand sermon respire
le service et l’amour envers autrui. Le zèle évangélique ne saurait se
substituer au soin pastoral. Si nous voulons partager l’Évangile dans le monde
moderne, la première preuve doit être l’amour que nous nous portons les uns aux
autres. Cela se voit lorsque l’Église choisit de servir plutôt que de
s’imposer, de guérir plutôt que de condamner. La prééminence du Christ se
voit dans la douceur, dans la manière dont la Tête nourrit et guérit son corps.
III. LE COURONNEMENT DU COMMENCEMENT
Ce
Commencement s’accomplit dans la résurrection. « Il
est le premier-né d’entre les morts » (Col 1:18). L’expression,
éclairée par le Psaume 89:27 et l’alliance davidique (2 S 7:8-16), ne désigne
pas une simple priorité chronologique, mais une priorité causale et
messianique. Il est l’accomplissement de la promesse faite à David ; le Fils eschatologique.
Sa résurrection n’est pas la première dans le temps - Moïse lui-même fut relevé
(Jude 9), mais sa résurrection procède de celle du Christ, non l’inverse
- ; elle est la source de toute résurrection. Jésus ressuscite parce qu’Il est
la Source de la vie ; Moïse ressuscite parce qu’il bénéficie de la vie du
Christ.
« Le
salaire du péché, c’est la mort ; » en triomphant de la mort, Il triomphe
du péché. Par sa résurrection, Il inaugure la nouvelle création (Rm 6:3-4). Celui qui était au commencement de la création première
devient l’initiateur de la recréation. Le ciel envahit la condition
mortelle ; la vie divine traverse notre poussière.
Et cette
puissance ne s’est pas arrêtée au matin de Pâques. Aujourd’hui encore, Il crée du neuf à partir des
situations les plus désespérées. Un nouveau commencement est
possible. Trop profondément tombés dans le péché ? Demandons miséricorde et
pardon ; Il régénérera notre cœur et nous revêtira de sa justice. Crise
conjugale ? Avant de signer, invoquez-le ; Il peut restaurer l’amour qu’Il a
institué. Difficultés académiques ? Il peut faire surgir du beau au cœur de
l’ingrat. Pour qu’Il fasse du neuf, il faut Lui accorder la suprématie sur nos
vies.
Alors
s’élève la litanie : Image du Dieu invisible ;
Agent de la création ; Celui qui existait avant toutes choses et en qui tout
subsiste ; Chef de l’Église ; Initiateur de la création et de la recréation ;
Vainqueur du péché et de la mort ; Chef suprême de l’humanité restaurée. Le «
Je Suis » johannique, le Fils de David, le Créateur, le Ressuscité, le
Prééminent.
Sa
prééminence n’est pas un concept à admirer de loin. Elle exige un centre. Si le
Christ est le Commencement de tout, peut-Il
demeurer à la périphérie de ma vie ? Que la
question ne s'éteigne pas avec la méditation.
Puissions-nous,
jour après jour, Le laisser être véritablement la Tête - non d’une vérité que
nous proclamons seulement, mais d’une existence qu’Il ordonne, renouvelle et
transforme.
ABONDANTES GRÂCES DE
L’ÉTERNEL !
Amen 🙏
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