LA FOI DU CHRIST
LA FOI DU CHRIST
Jeudi
05 février 2026
Semaine 6 : La foi en Christ seul
Thème
général : Unir le ciel et la terre.
Verset-clé :
…J’ai été crucifié avec Christ ; et si je
vis, ce n’est plus moi qui vis, c’est Christ qui vit en moi ; si je vis
maintenant dans la chair, je vis dans la foi au Fils de Dieu, qui m’a aimé et
qui s’est livré lui-même pour moi (Galates
2:20).
I. L’ÉCHANGE EXISTENTIEL :
gagner
Christ, être trouvé en Lui
Le point principal que souligne
Paul ne doit pas nous échapper. Sur le chemin de Damas, il n’a pas simplement
changé d’opinion ni ajusté une pratique religieuse : il a vécu un échange
merveilleux. Ce qui constituait jadis ses gains est devenu perte, non parce
que ces choses auraient été mauvaises en elles-mêmes, mais parce qu’une nouvelle
mesure s’est imposée à lui : « Ces choses qui étaient pour moi des
gains, je les ai regardées comme une perte, à cause de Christ » (Ph 3:7).
La structure même du texte le montre : gain / perte, perte / gain, jusqu’à
cette finalité décisive - « afin de gagner Christ » (Ph 3:8). Paul a subi la perte de
tout ce qui nourrissait sa confiance dans la chair, pour être désormais trouvé en Lui (Ph 3:9).
Ce renversement n’est pas un modèle
normatif à reproduire dans sa forme spectaculaire ; il est un événement
fondateur qui révèle un changement de fondement. Paul reste Paul, avec son histoire
et son intelligence, mais désormais en Christ. Sa mentalité est requalifiée. La
connaissance de Jésus-Christ a replacé toutes choses de sa vie passée dans leur
juste perspective. Il est passé d’une justice centrée sur la loi à une
justice centrée sur le Christ, reposant entièrement sur la foi en la grâce
de Dieu. Que signifie donc être « trouvé en Lui » ?
II. ÊTRE EN CHRIST :
le dessein
éternel qui unit le ciel et la terre
Pour répondre, Paul élargit
aussitôt l’horizon. Être « en Christ » n’est pas d’abord une expérience
intérieure ; c’est une réalité inscrite dans le dessein éternel de
Dieu. Ce dessein, Dieu l’a formé « pour le mettre à exécution lorsque les temps seraient
accomplis, de réunir toutes choses en Christ, celles
qui sont dans les cieux et celles qui sont sur la terre » (Ép
1:10). Être en Christ, c’est être inclus dans cette œuvre de récapitulation
cosmique, dans cette tension du déjà inauguré et du pas encore.
Christ est le lieu vivant où le ciel et la terre se rencontrent, où la fracture
est portée et traversée.
Mais ce dessein éternel ne
demeure pas abstrait. Il s’incarne dans une suffisance concrète : « C’est
par Lui que vous êtes en Jésus-Christ, lequel, de par Dieu, a été
fait pour nous sagesse, justice,
sanctification et rédemption » (1 Co 1:30). Ces mots ne forment
pas un catalogue doctrinal ; ils décrivent une progression unifiée. En Christ,
l’intelligence est éveillée (sagesse), le pécheur est justifié par la
foi (justice), la vie est transformée et préparée pour Dieu (sanctification),
et l’espérance s’ouvre sur la gloire à venir (rédemption). Le salut est
l’œuvre du Christ du commencement à l’achèvement, pour nous et en nous.
Une image aide à le comprendre.
Regarder un avion passer dans le ciel et en décrire les caractéristiques n’a
rien de commun avec le fait d’être à l’intérieur de l’appareil. C’est l’avion qui accomplit le
voyage, mais il faut être en lui pour aller quelque part. De même, être « en
Christ » n’est pas un exercice descriptif ; c’est une expérience participative. Il y a
mouvement, direction et finalité. « Car en Lui nous avons la vie, le
mouvement et l’être » (Ac 17:28). Le dessein cosmique devient alors un
salut vécu, sans jamais se réduire à une simple expérience subjective.
III. L’ANCRAGE VITAL :
la foi du
Christ comme seule justice
C’est ici que Paul introduit le
contraste décisif : « et être trouvé en Lui, non avec ma justice,
celle qui vient de la loi, mais avec celle qui s’obtient par la foi en
Christ » (Ph 3:9). Deux justices s’opposent existentiellement. La loi
n’est pas mauvaise ; elle est impuissante à donner la vie (Ga 3:21–22).
S’appuyer sur ses œuvres, sur son obéissance, pour entrer dans le salut revient
à méconnaître la nature même de la justice de Dieu.
Toute foi, d’ailleurs, ne sauve
pas. « Les démons croient aussi, et ils tremblent » (Jc 2:19). La foi
purement intellectuelle, religieuse ou morale, ne donne pas la vie. La seule
foi salvatrice est la foi du Christ. Ici, le mot pistis prend
toute sa force : il signifie foi, mais aussi fidélité. Jésus a
fait une confiance totale à son Père, jusqu’à la croix : « Non pas ma
volonté, mais la tienne » (Lc 22:42). Sa fidélité obéissante, accomplie extra nos (en dehors de nous), est ce
qui a produit le salut. Ce n’est pas la force de notre foi qui sauve, mais la
fidélité parfaite du Christ.
La foi en Jésus est alors notre
réponse :
l’accueil de ce que la foi de Jésus a accompli. Nous ne produisons pas le salut
; nous le recevons. Et ce salut reçu devient habitation : « J’ai été
crucifié avec Christ ; et si je vis, ce n’est plus moi qui vis, c’est Christ
qui vit en moi ; si je vis maintenant dans la chair, je vis dans la foi au Fils
de Dieu » (Ga 2:20). Voilà le sommet. La vie chrétienne est relocalisée
en Christ. Nous vivons non par performance spirituelle, mais parce que Sa
fidélité nous porte.
SYNTHÈSE
Être « en Christ, » c’est entrer
dans un échange où nos gains deviennent perte afin que Christ soit gagné ;
c’est être inclus dans le dessein éternel qui unit le ciel et la terre ; c’est
renoncer à toute justice propre pour recevoir la justice de Dieu, produite par
la fidélité du Christ et accueillie par la foi. Le salut ne naît ni de notre
mérite ni de l’intensité de notre croyance, mais de l’obéissance parfaite du
Fils, devenue notre vie.
Puissions-nous consentir à tout
perdre pour gagner Christ, à mourir à nous-mêmes pour que Christ vive en nous,
et à renoncer à toute justice propre afin de recevoir la sienne seule.
AGRÉABLE JOURNÉE SOUS L’ŒIL
BIENVEILLANT DE L’ÉTERNEL !
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