ÊTRE CONFIANT


ÊTRE CONFIANT 

Dormir en Christ, se réveiller à Son retour 

Mercredi 14 janvier 2026

Semaine 3 : La vie et la mort

Thème général : Unir le ciel et la terre.


Versets-clés :

Je suis pressé des deux côtés : j’ai le désir de m’en aller et d’être avec Christ (1. Philippiens 1:23-24).

Les morts en Christ ressusciteront premièrement… nous serons tous ensemble enlevés… et ainsi nous serons toujours avec le Seigneur (1 Thessaloniciens 4:16-17).

 

I. DU VERTIGE COSMIQUE AU TEXTE PIVOT : 

LA CONFIANCE COMMENCE PAR UNE QUESTION

Comment le Dieu de l’univers se réjouirait-Il de simples humains, de taches fugaces de protoplasme sur une petite planète au milieu de ce qui est probablement un univers infini ? Comment serait-il possible que les humains puissent compter autant pour l’Être suprême, tout-puissant, et qui n’a besoin de rien ? Dès qu’une telle question est posée, elle a deux manières de nous atteindre : soit elle nous ouvre à l’émerveillement, soit elle tente de nous écraser par un sentiment d’insignifiance. Mais « être confiant » ne signifie pas arracher en nous-mêmes une assurance artificielle, comme si la foi était une technique de persuasion intérieure. La confiance en soi peut être trompeuse : fragile, passagère, fondamentalement peu fiable. Elle encourage l’homme à croire en lui-même d’une manière qui finit par le conduire à s’appuyer sur sa propre force plutôt que sur Jésus-Christ. Et l’Écriture nous montre, sans détour, le danger d’une confiance enracinée en soi : Élie, après avoir vu le feu descendre du ciel et une nation ébranlée par la puissance de Dieu, s’effondre jusqu’au désir de mourir ; Samson, sûr de lui, glisse vers la ruine ; Pierre, jurant qu’il ne renierait jamais Jésus, le renie trois fois. Le monde appelle cela « assurance. » Dieu appelle cela parfois illusion.

 

La vraie confiance est celle qui se réfugie en Dieu Lui-même. Paul l’a apprise à Philippes : les troubles ne tardèrent pas. Lui et Silas furent arrêtés, publiquement dépouillés et cruellement battus (Actes 16:22). Puis jetés dans une prison de haute sécurité, les plaies encore vives, la saleté incrustée dans leurs blessures. Et pourtant, à minuit, « Paul et Silas priaient et chantaient les louanges de Dieu, et les prisonniers les écoutaient » (Actes 16:25). Sans miracle immédiat lors de leur humiliation, ni pendant les coups, ils demeurèrent confiants que Dieu ne les avait pas abandonnés. Voilà le sens de notre titre : ÊTRE CONFIANT, non parce que la vie est douce, mais parce que Dieu demeure.

 

Ces questions peuvent être analysées en deux aspects. Premièrement, comment Dieu Lui-même peut-Il se réjouir ? Deuxièmement, comment les humains peuvent-ils Lui apporter du plaisir, en particulier compte tenu de notre état de pécheur ? Le premier aspect est le sujet d’aujourd’hui, le second sera analysé demain. Mais dès aujourd’hui, un texte surgit comme un pivot, à la fois lumineux et exigeant : « Je suis pressé des deux côtés : j’ai le désir de m’en aller et d’être avec Christ, ce qui de beaucoup est le meilleur ; mais à cause de vous il est plus nécessaire que je demeure dans la chair » (Philippiens 1:23-24). Que veut dire Paul lorsqu’il affirme que s’en aller et « être avec Christ » est « de loin meilleur » ? Pourquoi ce “meilleur” ne détruit-il pas la valeur du “demeurer” ? Et comment la confiance peut-elle naître au bord même de cette tension ?

 

II. CLARIFIER LE “GAIN” ET LE “MEILLEUR” : 

UNE EXÉGÈSE QUI REFUSE LES ILLUSIONS

Il ne fait aucun doute que ces versets présentent une certaine ambiguïté. Le simple fait que nous passions parfois en mode défensif lorsque nous rencontrons ce passage en est une preuve. C’est pourquoi il est bon de comparer l’Écriture avec l’Écriture, et c’est aussi l’une des raisons pour lesquelles il est sage de lire l’épître entière d’une seule traite : l’ensemble donne une perspective à ces versets difficiles. Paul n’écrit pas ici une abstraction froide : il est rempli de joie, il exprime combien il apprécie l’occasion d’interagir avec les chrétiens de Philippes ; il parle avec affection, avec reconnaissance, avec cette chaleur spirituelle que seule la communion en Christ produit.


Et il faut aussi se souvenir que Paul emploie des figures de style. Il ne rédige pas une dissertation métaphysique sur la mort : il confesse un amour. Et, humainement, tout en lui préférerait demeurer vivant ; spirituellement, son amour pour Christ le porte à désirer le départ - ce “mieux” qui n’est pas une fuite, mais une espérance. Pourtant, son langage est habité par un paradoxe : il parle du départ comme d’un « mieux. » Or, ce passage a souvent été mal interprété à travers les âges, et cela oblige à la rigueur spirituelle. Paul a justement abordé dans ce chapitre le contraste entre vivre et mourir, et il l’a formulé avec une audace qui ne laisse pas l’âme intacte : « Car Christ est ma vie, et la mort m’est un gain » (Philippiens 1:21). Pour le chrétien, vivre pour Christ est une vocation ; mourir pour Lui peut devenir un témoignage. En ce sens, c’est un gain : notre témoignage devient d’autant plus puissant et convaincant. Donner sa vie pour sa foi révèle une conviction inébranlable.


Mais Paul ne romantise pas la mort. Il n’enseigne pas l’auto-destruction. Il n’exalte pas la disparition. Il tient ensemble deux réalités : le désir d’être avec Christ et la nécessité de demeurer pour servir l’Église. Il est « pressé des deux côtés » (Philippiens 1:23). Ce n’est pas la psychologie d’un homme instable ; c’est la gravité d’un serviteur qui aime : humainement, il se sait nécessaire aux siens ; spirituellement, il est attiré vers Christ. S’il demeure, c’est pour les Philippiens : « il est plus nécessaire que je demeure dans la chair » (Philippiens 1:24). Ainsi, la vie devient service et la mort devient espérance. Reste alors la question qui ouvre la porte doctrinale : comment ce départ peut-il être “meilleur” si la mort est une fin ? Si la mort est un mur, pourquoi Paul l’appellerait-il “mieux” ? Et si la mort est un passage, quel est le sens biblique de ce passage ? Ce dilemme exige une clarification de la nature de la mort, sans sentimentalité, sans imagination, sans théologie édulcorée.


III. LE SOCLE DOCTRINAL : 

DORMIR EN CHRIST, SE RÉVEILLER À SON RETOUR

Nous devons reconnaître que les morts sont bel et bien morts. « Les vivants, en effet, savent qu’ils mourront ; mais les morts ne savent rien » (Ecclésiaste 9:5). Ce verset est souvent cité comme un couperet, parfois sans discernement. Or, Salomon, dans Ecclésiaste 9, décrit le destin commun des hommes sous le soleil ; il insiste sur le fait que la mort attend le bon comme le mauvais : « le sort du juste et du méchant est le même » (Ecclésiaste 9:2-3). Il dit même que « celui qui est associé à tous les vivants a de l’espérance, car un chien vivant vaut mieux qu’un lion mort » (Ecclésiaste 9:4). Ce langage a la sobriété rude de la condition humaine, et il peut paraître dépressif lorsqu’on l’arrache à l’ensemble des Écritures. Mais l’Écriture ne s’interprète pas par isolement : elle se reçoit par comparaison et par lumière progressive.


C’est pourquoi Jésus Lui-même rectifie l’horizon : « L’heure vient où tous ceux qui sont dans les sépulcres entendront sa voix, et en sortiront : ceux qui auront fait le bien ressusciteront pour la vie, mais ceux qui auront fait le mal ressusciteront pour le jugement » (Jean 5:28-29). Ici, l’état des morts est clairement posé : ils sont dans les tombeaux, et la résurrection est la réponse. Jésus ne dit pas que l’existence est insignifiante ; Il affirme au contraire que ce que nous faisons pendant notre vie a du poids devant Dieu. Et cela éclaire l’espérance : même les « personnes qui font le bien » sont dans leurs tombes et seront ressuscitées lors du jugement. La mort est donc un sommeil provisoire, un arrêt de conscience, un repos dans l’attente du réveil.


La Bible évoque néanmoins, de manière exceptionnelle et mystérieuse, des cas qui semblent connaître un sort distinct : Moïse, mort et enterré, dont Jude rappelle le conflit spirituel autour de son corps (Jude 1:9) ; et ces saints dont « beaucoup de corps… ressuscitèrent » (Matthieu 27:52-53) au moment où la mort de Christ bouleversa le monde invisible. Ces exceptions n’invalident pas la règle : elles soulignent au contraire une vérité souveraine et redoutable - Dieu seul détient la clé du réveil. Il peut anticiper, selon Son dessein, ce qu’Il accomplira pleinement et définitivement au retour du Christ pour tous Ses fidèles.


C’est précisément ce que Jésus enseigne lorsque, parlant de Lazare, Il dit : « Lazare, notre ami, dort ; mais je vais le réveiller » (Jean 11:11). Les disciples ne comprirent pas, et Jésus dut parler sans voile : « Lazare est mort » (Jean 11:13-14). Ainsi, la mort est décrite comme un sommeil. Et cette image traverse l’Écriture : Jésus dit à propos de la fille de Jaïrus : « Elle n’est pas morte, mais elle dort » (Luc 8:52), et Luc, médecin, ajoute : « Et ils se moquaient de lui, sachant qu’elle était morte » (Luc 8:53). Étienne, au terme de son martyre, « s’endormit » (Actes 7:60). David aussi, après avoir servi sa génération, « s’endormit » (Actes 13:36). La mort n’est pas décrite comme un état conscient ; elle est comparée au sommeil quotidien : inconscience, silence, attente.


Et si, comme certains le croient, les morts allaient immédiatement au ciel, imaginez ce que serait Lazare : après quatre jours de félicité céleste, un ange viendrait avec la “mauvaise” nouvelle : « Désolé, Lazare, mais Jésus te rappelle sur terre. Tu ne peux plus rester ici. » Suivie jusqu’à son terme logique, cette idée révèle son incohérence. Jésus ne rappelle pas un bienheureux du paradis pour le replonger dans la douleur. Le Christ réveille un dormeur.


Paul, lui, traite explicitement la peur des croyants : « Nous ne voulons pas, frères, que vous soyez dans l’ignorance au sujet de ceux qui dorment, afin que vous ne vous affligiez pas comme les autres qui n’ont point d’espérance » (1 Thessaloniciens 4:13). La question n’est pas : “sont-ils déjà au ciel ?” La question est : “serons-nous séparés d’eux ?” Et Paul répond en liant morts et vivants dans un même événement : « Nous croyons que Jésus est mort et qu’il est ressuscité ; de même aussi Dieu ramènera par Jésus et avec lui ceux qui se sont endormis en lui » (1 Thessaloniciens 4:14). Il poursuit : « Voici, en effet, ce que nous vous déclarons d’après la parole du Seigneur : nous les vivants… nous ne devancerons pas ceux qui sont morts » (1 Thessaloniciens 4:15). Puis il expose la scène majestueuse où le ciel vient chercher la terre : « Le Seigneur lui-même… descendra du ciel… et les morts en Christ ressusciteront premièrement. Ensuite, nous les vivants… nous serons tous ensemble enlevés… à la rencontre du Seigneur dans les airs, et ainsi nous serons toujours avec le Seigneur » (1 Thessaloniciens 4:16-17). Voilà l’union finale : morts en Christ ressuscités et vivants, réunis, rassemblés, conduits. Ici se dévoile, sans artifice, le thème du trimestre : Unir le ciel et la terre. Le ciel ne méprise pas la terre : il vient la relever.


Dès lors, le sens paulinien de « s’en aller » s’éclaire. Pour Paul, partir, ce n’est pas fuir la mission : c’est s’unir à Christ dans la souffrance et la mort. « Pour moi, je sers déjà de libation, et le moment de mon départ approche » (2 Timothée 4:6). Il ne dit pas : “ma couronne m’attend à l’instant de mon dernier souffle”, mais : « le Seigneur… me la donnera dans ce jour-là, et non seulement à moi, mais encore à tous ceux qui auront aimé son apparition » (2 Timothée 4:8). Son horizon est l’Apparition du Christ. Il poursuit aussi cette trajectoire : « afin de parvenir… à la résurrection d’entre les morts » (Philippiens 3:11). Et il sait qu’au moment où il fermera les yeux dans la mort, la prochaine chose dont il aura conscience, en un clin d’œil, sera de voir Jésus - non parce que la mort serait un corridor conscient, mais parce que le sommeil n’a pas de durée vécue. Alors seulement se réalisera la promesse : « Je reviendrai, et je vous prendrai avec moi, afin que là où je suis vous y soyez aussi » (Jean 14:3). Et ce que Dieu a préparé dépasse tout : « ce sont des choses que l’œil n’a point vues… que Dieu a préparées pour ceux qui l’aiment » (1 Corinthiens 2:9).


Ainsi la tension revient, mais transfigurée. Paul demeure « dans la chair » par amour, et il est prêt à s’endormir en Christ par confiance. Il est « pressé des deux côtés, » non parce qu’il hésite entre la lumière et l’ombre, mais parce qu’il est pris entre deux fidélités : servir l’Église et être enfin avec son Seigneur. La confiance naît ici : elle permet de vivre pleinement pour les autres, et de regarder la mort sans panique. Et c’est là que l’enseignement sur l’état des morts devient une sagesse de vie. Puisqu’il n’existe pas de seconde opportunité après la mort, l’appel à répondre à Dieu est maintenant : « Aujourd’hui, si vous entendez sa voix, n’endurcissez pas vos cœurs » (Hébreux 3:15), et « voici maintenant le temps favorable » (2 Corinthiens 6:2). L’état des morts nous enseigne à vivre avec sagesse, à faire pleinement confiance à Dieu, à espérer avec assurance, et à aimer avec profondeur tant que la vie nous est donnée. Dans la mort, tous sont semblables : « ils ont tous un même souffle… tous retournent à la poussière » (Ecclésiaste 3:19-20), et cela détruit l’orgueil, réveille la compassion, exige la justice. Les morts n’interagissent pas avec les vivants ; l’espérance repose sur la promesse de Dieu de les ressusciter : « nous serons changés… la mort a été engloutie dans la victoire » (1 Corinthiens 15:51-55). La vie physique a une fin : « Tout ce que ta main trouve à faire avec ta force, fais-le » (Ecclésiaste 9:10). Et l’urgence de l’amour demeure : « Pendant que nous en avons l’occasion, pratiquons le bien envers tous » (Galates 6:10). La vie est fragile : « Enseigne-nous à bien compter nos jours, afin que nous appliquions notre cœur à la sagesse » (Psaume 90:12).


Et si l’on demande : où est donc la confiance, en définitive ? Elle n’est ni dans une philosophie, ni dans un sentiment, ni dans un optimisme fabriqué. Elle est en une Personne. Paul comprenait que la véritable confiance ne commence pas avec soi ; il confessait même sa faiblesse, montrant qu’il ne pouvait pas se faire pleinement confiance. Pour lui, tout reposait sur Christ. Il ne s’agit pas de la quantité de confiance que nous possédons, mais du fondement de cette confiance et de Celui en qui elle repose. Toute confiance placée en soi ou ailleurs qu’en Christ prépare la déception. C’est pourquoi Paul pouvait déclarer, sans trembler : « Je puis tout par Christ qui me fortifie. »


SYNTHÈSE

La mort, selon l’Écriture, est un sommeil : elle réduit au silence nos forces et nos illusions, elle égalise le riche et le pauvre, le puissant et l’oublié. Mais elle n’a pas le dernier mot. Le Christ revient, et le réveil des morts fidèles est attaché à Sa voix. L’espérance chrétienne ne se nourrit pas d’une conscience immédiate imaginée, mais d’une certitude promise : résurrection, réunion, rencontre. C’est là que le ciel et la terre se rejoignent, non dans le rêve, mais dans l’événement. Et parce que la prochaine conscience du croyant sera le Seigneur vivant, le cœur peut servir sans peur, aimer sans calcul, marcher sans se dérober. La vraie confiance n’est pas la force de l’homme : c’est la fidélité de Dieu.


Puissions-nous vivre dès aujourd’hui dans cette certitude paisible : qu’au-delà de notre dernier sommeil, notre prochaine conscience sera la venue du Christ.

Que cette espérance transforme notre manière de vivre, d’aimer et de servir - et qu’elle fasse tomber nos peurs, afin que nous marchions fidèlement jusqu’au réveil. Amen.


ABONDANTES GRÂCES DE L’ÉTERNEL !

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